Hector Berlioz

Festival Berlioz "SO BRITISH - Berlioz à Londres au temps des expositions universelles" (18 août/3 septembre 2017)

 

Dans une douzaine de semaines, s'ouvrira une nouvelle édition du Festival Berlioz, dédié cette année aux aventures anglaises de notre compositeur côtois, un festival plus long qu'à l'accoutumée puisqu'il se tiendra du 18 août au 4 septembre 2017 !


LE SAVIEZ-VOUS ?

Un des premiers artistes à organiser un festival dès les années 1830, c'est... Hector Berlioz !
"... une série de manifestations musicales, autour d'un même lieu, d'une même idée, des journées festivalesques" nous raconte-t-il dans ses Mémoires.



LE MOT DU DIRECTEUR :

"Le thème du Festival Berlioz 2017 intitulé "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles" décline musicalement une des aventures les plus exaltantes de la vie du génie romantique français : l'accueil londonien et les différents séjours réalisés dans cette ville où il marchait sur les pas de Mendelssohn, vers la reconnaissance et le succès qui lui faisaient défaut en France.

De plus, son séjour de 1851, largement commenté dans ses Mémoires, articles et chroniques journalistiques présente l'événement mondial et historique de la première exposition universelle, décrit les instruments découverts et les musiques entendues, et offre des pistes programmatiques extraordinaires : du grand répertoire de son temps aux musiques exotiques en passant par les dernières technologies de la facture instrumentale : tout un programme !"


Bruno Messina, Directeur du Festival Berlioz


L'OUVERTURE LE VENDREDI 18 AOÛT 2017 :

Après la fonte des cloches en 2013, le "concert monstre" en 2014la "Route Napoléon" en 2015" ou encore le Château de Sassenage l'année dernière... la Grande Ouverture festive aura lieu avec un concert à Saint-Antoine-l'Abbaye, dans l'Eglise abbatiale (12€ à 45€)

WELCOME TO ALL THE PLEASURES :

  • H.Purcell - Ode to St Cecilia "Welcome to all the pleasures"
  • B.Britten - Hymn to St Cecilia
  • G.F.Haendel - Ode to St Cecilia 'From harmony, from heav'nly harmony"


LES TEMPS FORTS METTANT A L'HONNEUR HECTOR BERLIOZ :
 

  • Samedi 19 Août : "Le concert Shakespearien" (Au Château Louis XI, 21h)
    • Beatrice et Bénédict : ouverture
    • Grande ouverture du Roi Lear
    • Marche funèbre pour la dernière scène d'Hamlet
    • La Mort d'Ophélie
    • Fantaisie sur "La Tempête"
    • Roméo et Juliette (extraits)
  • Vendredi 25 Août : "Désir et magie autour des pavillons exotiques" (Au Château Louis XI, 21h)
    • ​M.Ravel - Shéhérazade
    • E.Lalo - Namouna (extraits)
    • L.De Meyer / H.Berlioz - Marche marocaine
    • L.Delibes - Lakmé (extrait)
    • C.Saint-Saëns - La Princesse jaune, ouverture
    • H.Berlioz - La Captive ; L'Arabe jaloux (orchestration Y.Chauris)
    • C.Saint-Saëns - Bacchanale (extrait de Samson et Dalila)
  • Dimanche 27 Août : "Le sacre du printemps" (Au Château Louis XI, 21h)
    • ​H.Berlioz - Intrata di Rob-Roy MacGregor
    • T.Adès - Polaris
    • I.Stravinsky - Le sacre du printemps
  • Mercredi 30 Août : "La Damnation de Faust" (Au Château Louis XI, 21h)
     
  • Jeudi 31 Août : "Sur un air irlandais" (Au Château Louis XI, 21h)
    • ​H.Berlioz - Irlande, 9 mélodies (nouvelle orchestration A.Lavandier)
    • F.Mendelssohn - Les Hébrides, ouverture
    • F.Mendelssohn - Symphonie N°3 "Ecossaise"
  • Vendredi 1er Septembre : "Londres-Rome (sans escale)" (Au Château Louis XI, 21h)
    • ​W.Sterndale Bennett - Parisina op. 3, ouverture
    • F.Mendelssohn - Symphonie N°4 "Italienne"
    • H.Berlioz - Harold en Italie
  • Samedi 2 Septembre : "Berlioz Forever" (Au Château Louis XI, 21h)
    • ​H.Berlioz - Les nuits d'été
    • H.Berlioz - La Symphonie Fantastique

       

LES CONCERTS GRATUITS :
 

  • NOUVEAU : TEA TIME, à 15h tous les jours au Musée Hector Berlioz

    Chaque jour, afin d'honorer l'une des plus importantes traditions britanniques, le festival vous invite à apprécier un concert de musique romantique suivi d'un thé dans le jardin du musée.
     
  • "Sous le balcon d'Hector", à 19h tous les jours dans le Jardin du Musée Hector Berlioz :

    Tous les soirs, sous le balcon d'Hector, venez découvrir des univers musicaux en rapport à la thématique : l'ensemble Nulla Dies Sine Musica et un ensemble de cornemuses écossaises se partagent les soirées pour vous proposer un répertoire authentiquement britannique ainsi qu'un répertoire de cuivres avec des instruments présentés par Adolphe Sax à l'Exposition Universelle de 1851 !
  • "Sous la halle médiévale", les Dimanches 27 Août et 3 Septembre 2017 à 11h à La Côte Saint André :

    Deux rendez-vous à ne pas manquer avec notamment un "flash mob" animé par les jeunes et brillants musiciens de l'Orchestre National des jeunes de Grande-Bretagne !



MES VISITES GUIDEES ET ATELIERS AU MUSEE HECTOR BERLIOZ :



Ayant remporté le marché des visites guidées pour le Musée Hector Berlioz, j'assurerai, pour la 7e année consécutive, différentes animations dans le cadre du Festival Berlioz... avec près d'une trentaine de rendez-vous :

Les visites gratuites de la Maison Natale : 

Tous les jours à 11h du 18 Août au 4 Septembre 2017, sauf les Samedi 19, Mardi 22, et Dimanche 27 Août, ainsi que le Dimanche 4 Septembre 2017.



Les visites gratuites de l'exposition temporaire "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles" :

Tous les jours à 14h du 18 Août au 4 Septembre 2017, sauf les Samedi 19 et Mardi 22 Août 2017.

L'AFTERNOON TEA :

Le Lundi 28 Août 2017, un après-midi "so british" (atelier cuisine...)


Pour réserver vos places de concert et consulter le programme complet du Festival Berlioz, il n'y a bien sûr qu'une seule adresse : le site internet officiel !

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°36 : Estelle met un "râteau" à Hector Berlioz !

Dans le billet découverte de la semaine dernière, je vous dévoilais la longue lettre de déclaration d'amour du compositeur romantique Hector Berlioz (dont je fais visiter régulièrement la maison natale à La Côte Saint André), à son amour d'enfance, Estelle, qu'il a retrouvé après 49 ans d'absence... aujourd'hui, il est temps de découvrir la réponse de la belle, qui malheureusement pour Hector, ne sera pas la réponse attendue puisqu'Estelle va lui mettre ce qu'on appelle familièrement un gros "râteau" !
Alors si vous aussi vous cherchez de l'inspiration pour éconduire un(e) prétendant(e), à vos carnets, prenez des notes ! 



Estelle Fornier (née Dubeuf)Lyon, 29 septembre 1864.

Monsieur,

Je me croirais coupable envers vous et moi-même, si je ne répondais pas tout de suite à votre dernière lettre, et au rêve que vous avez fait sur les relations que vous désirez voir s'établir entre nous. C'est le coeur sur la main que je vais vous parler.
Je ne suis plus qu'une vieille et bien vieille femme (car, monsieur, j'ai six ans de plus que vous), au coeur flétri par des jours passés dans les angoisses, les douleurs physiques et morales de tout genre, qui ne m'ont laissé sur les joies et les sentiments de ce monde aucune illusion. Depuis vingt ans que j'ai perdu mon meilleur ami je n'en ai pas cherché d'autre ; j'ai conservé ceux que d'anciennes relations m'avaient fait ainsi que ceux que des liens de famille m'attachaient naturellement. Depuis le jour fatal où je suis devenue veuve j'ai rompu toutes mes relations, j'ai dit adieu aux plaisirs, aux distractions, pour me consacrer tout entière à mon intérieur, à mes enfants. C'est donc là ma vie depuis vingt ans ; c'est une habitude pour moi dont rien maintenant ne peut rompre le charme ; car c'est dans cette intimité du coeur que je puis trouver le seul repos des jours qu'il me reste à passer dans ce monde ; tout ce qui viendrait en troubler l'uniformité me serait pénible et à charge.

Dans votre lettre du 27 courant vous me dites que vous n'avez qu'un désir, celui que je devienne "votre amie" à l'aide d'un échange de lettres. Croyez-vous sérieusement, monsieur, que cela soit possible ? Je vous connais à peine depuis quarante-neuf ans, je vous ai revu vendredi passé quelques instants ; je ne puis donc apprécier ni vos goûts, ni votre caractère, ni vos qualités, seules choses qui sont la base de l'amitié. Quand il y a entre deux individus les mêmes manières de voir et de sentir, alors la sympathie peut naïtre et arriver ; mais, établir ce que vous attendez de moi ; pour ma part je le crois impossible. Du reste, je dois vous avouer que je suis extrêmement paresseuse pour écrire, j'ai l'esprit aussi engourdi que les doigts ; j'ai une peine extrême à remplir à cet égard mes obligations indispensables. Je ne pourrais donc vous promettre de commencer avec vous une correspondance qui pût être suivie, je manquerais trop souvent à ma promesse pour ne pas vous en avertir d'avance s'il vous est agréable de m'écrire quelque fois je recevrai vos lettres, mais n'attendez pas mes réponses exactement ni promptement.

Vous désirez aussi que je vous dise : "Venez me voir" ; cela n'est pas possible, pas plus que de vous dire : "Vous me trouverez seule" ; le hasard, vendredi, a voulu que je fusse seule pour vous recevoir ; quand je serai à Genève avec mon fils et sa femme, si, quand vous vous présenterez chez eux, je suis seule, je vous recevrai, mais s'ils m'entourent au moment de votre visite, il vous faudra subir leur présence, car je trouverais fort inconvenant qu'il en fût autrement.

C'est avec toute la franchise et la sincérité qui sont le fond de mon caractère que je vous ai tracé ce que je pense et ce que je sens. Je crois devoir encore vous dire qu'il est des illusions, des rêves, qu'il faut savoir abandonner quand les cheveux blancs sont arrivés, et avec eux le désenchantement de tous sentiments nouveaux, même ceux de l'amitié, qui ne peuvent avoir du charme que lorsqu'ils sont nés de relations suivies et dans les heureux jours de la jeunesse. Ce n'est pas, selon moi, au moment où le poids des années se fait sentir, où leur nombre nous a apporté l'expérience de toutes les déceptions, qu'il faut commencer des relations. Je vous avoue que pour moi j'en suis là. Mon avenir se raccourcit tous les jours ; à quoi bon former des relations qu'aujourd'hui voit naître et que demain peut faire évanouir ? Ce n'est que se créer des regrets.

Ne voyez, monsieur, dans tout ce que je viens de vous dire, aucune intention de ma part de blesser les souvenirs que vous avez pour moi ; je les respecte et je suis touchée de leur persistance. Vous êtes encore bien jeune par le coeur, pour moi il n'en est pas ainsi, je suis vieille tout de bon, je ne suis plus bonne à rien qu'à conserver, croyez-le, une large place pour vous dans mon souvenir. J'apprendrai toujours avec plaisir les triomphes que vous êtes appelé à avoir.

Adieu, monsieur, je vous dis encore : recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.



Estelle Fornier

 

C'est ce qu'on appelle un râteau dans les règles de l'art ! 
Et quand bien même notre Hector obtiendra d'Estelle par la suite quelques lettres et même quelques rares entrevues, leur relation restera purement amicale... à son grand desespoir ! 

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°35 : Hector Berlioz et sa grande déclaration d'amour à Estelle Fornier

Estelle Fornier (née Dubeuf)

Je guidais aujourd'hui ce qui était peut être ma dernière visite pour les individuels au Musée Hector Berlioz, à La Côte Saint André... l'une de mes plus anciennes visites guidées, qui a beaucoup évolué depuis mes toutes premières interventions en 2011 ! J'ai, en 7 ans, beaucoup enrichi mon discours, notamment de petites lectures d'extraits des Mémoires de l'artiste, ou, plus croustillant encore, de sa Correspondance, une façon d'entrer au coeur de l'intimité de notre cher Hector Berlioz.

Pour ce billet découverte ce dimanche, j'ai choisi de partager avec vous ce qui est sans doute l'une de ses plus belles lettres : elle est adressée à Estelle Fornier (née Dubeuf), son amour d'enfance rencontrée à Meylan (amour impossible car il avait 12 ans lorsqu'il a fait connaissance de la belle qui en avait... 18 ! Eh oui, précoce le petit ! ;-)). Il revoit brièvement Estelle un demi-siècle plus tard, en septembre 1864, elle est alors veuve... l'entrevue sera courte, mais il en ressort tout chamboulé, au point, dès son retour à Paris, de déclarer sa flamme à Estelle à travers la lettre suivante :



27 septembre 1864

Paris 4 rue de Calais

Madame,

Vous m’avez accueilli avec une bienveillance simple et digne dont bien peu de femmes eussent été capables en pareil cas. Soyez mille fois bénie. Depuis que je vous ai quittée je souffre beaucoup cependant. J’ai beau me répéter que vous ne pouviez me recevoir mieux, que tout autre accueil eût été peu convenable ou cruel, mon malheureux cœur saigne comme s’il eût été blessé. Je me demande pourquoi, et voici la raison que je trouve : c’est l’absence, c’est que je vous ai vue trop peu, que je ne vous ai pas dit le quart de ce que j’avais à vous dire, et que je suis parti presque comme s’il s’agissait d’une éternelle séparation. Et pourtant vous m’avez donné votre main, je l’ai pressée sur mon front, sur mes lèvres, et j’ai contenu mes larmes ; je vous l’avais promis. Mais j’ai un besoin impérieux, inexorable, de quelques mots encore que vous ne me refuserez pas, je l’espère.

Songez que je vous aime depuis quarante-neuf ans, que je vous ai toujours aimée depuis mon enfance, malgré les orages de toute espèce qui ont ravagé ma vie. La preuve en est dans le profond sentiment que j’éprouve aujourd’hui ; s’il eût un seul jour cessé d’être, il ne se fût pas ranimé sans doute, dans les circonstances actuelles. Combien y a-t-il de femmes qui se soient jamais entendu faire une telle déclaration.

Ne me prenez pas pour un homme bizarre qui est le jouet de son imagination. Non, je suis seulement doué d’une sensibilité très vive, alliée, croyez-le bien, à une grande clairvoyance d’esprit, mais dont les affections vraies sont d’une puissance incomparable et d’une fidélité à toute épreuve. Je vous ai aimée, je vous aime, je vous aimerai, et j’ai soixante et un ans, et je connais le monde et n’ai pas une illusion.

Accordez-moi donc, non comme une sœur de charité accorde ses soins à un malade, mais comme une noble femme de cœur guérit des maux qu’elle a involontairement causés, les trois choses qui seules peuvent me rendre le calme : la permission de vous écrire quelquefois, l’assurance que vous me répondrez et la promesse que vous m’inviterez, au moins une fois de l’an, à venir vous voir.

Mes visites pourraient être inopportunes et par suite importunes si je les faisais sans votre autorisation. Je n’irai donc auprès de vous, à Genève ou ailleurs, que quand vous m’aurez écrit : Venez !

À qui cela pourrait-il paraître étrange ou malséant ? Qu’y a-t-il de plus pur qu’une liaison pareille ? Ne sommes-nous pas libres tous les deux ? Qui serait assez dépourvu d’âme et de bon sens pour la trouver blâmable ? Personne, pas même vos fils ; ils sont, je le sais, des jeunes gens fort distingués. J’avoue seulement qu’il serait affreux de n’obtenir le bonheur de vous voir que devant témoins. Si vous me dites : « Venez », il faut que je puisse causer avec vous comme à notre première entrevue de vendredi dernier, entrevue que je n’ai osé prolonger et dont je n’ai pu goûter le charme douloureux à cause des efforts terribles que je faisais pour refouler mon émotion.

Oh ! madame, madame, je n’ai plus qu’un but dans ce monde, c’est d’obtenir votre affection. Laissez-moi essayer de l’atteindre. Je serai soumis et réservé ; notre correspondance sera aussi peu fréquente que vous le voudrez, elle ne deviendra jamais pour vous une tâche ennuyeuse, quelques lignes de votre main me suffiront. Mes voyages auprès de vous ne pourront être que bien rares ; mais je saurai que votre pensée et la mienne ne sont plus séparées et qu’après tant de tristes années où je n’ai rien été pour vous, j’ai enfin l’espérance de devenir votre ami. Et c’est rare un ami dévoué comme je le serai. Je vous environnerai d’une tendresse si profonde et si douce, d’une affection si complète, où vous trouverez confondues dans le sentiment de l’homme les naïves effusions de cœur de l’enfant. Peut-être y sentirez-vous du charme ; peut-être, enfin me direz-vous un jour  « Je suis votre amie » et voudrez-vous avouer que j’ai bien mérité votre amitié. Adieu, madame, je relis votre billet du 23 et j’y vois à la fin l’assurance de vos sentiments affectueux ; c’est n’est pas une banale formule ? n’est-ce pas ? n’est-ce pas ?

À vous pour toujours.

HECTOR BERLIOZ.

 

Après une telle déclaration, on se demande bien quelle fut la réponse d'Estelle... fut-elle touchée par les mots de notre Hector ? Fut-elle indifférente ? 
Patience... je vous dévoilerai sa réponse dans le prochain billet découverte ! ;-)

Votre guide de poche, Steve

 

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"Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale", au Musée Hector Berlioz


Le Vendredi 24 Juin, à 18h30, le Musée Hector Berlioz présentera sa nouvelle exposition temporaire pour les six prochains mois. Après s'être intéressé à l'histoire de la musique enregistrée, le Musée se recentre sur Hector Berlioz pour présenter son 1er Opéra, Benvenuto Cellini, composé en 1838.

Musee Hector Berlioz - Affiche Expo Benvenuto Cellini

Après avoir rencontré plus d'une difficulté pour monter son oeuvre, Berlioz devra ensuite faire face à l'échec des premières représentations à l'Opéra de Paris, si bien qu'il ne sera rejoué en France que bien après la disparition de l'artiste...

L'exposition proposée par le Musée revient donc sur l'histoire mouvementée de cet opéra, et les diverses créations/interprétations qui ont pu en être faites depuis la 1ère représentation  de 1838 jusqu'à nos jours, grâce, entre autres, au prêt de divers costumes de scènes, mais aussi des partitions, des maquettes de costumes... 
Ce sera aussi l'occasion de comprendre toute la complexité et les diférentes étapes de la création d'une oeuvre artistique.

"Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale" sera présentée jusqu'au 31 Décembre 2016, et diverses animations viendront l'enrichir (conférences, ateliers pour petits et grands, concerts, projections...). Je ne manquerai pas de vous transmettre le programme complet ici, lorsqu'il sera publié !

Je profite de ce billet pour vous annoncer que ma collaboration avec le Musée Hector Berlioz se poursuivra au moins jusqu'au mois d'août, pour le 6e été consécutif j'aurai ainsi le plaisir de conduire les visites guidées de la maison natale, et de créer et d'assurer les visites guidées de cette nouvelle exposition temporaire.

Voici les dates prévues : 


Les visites de la Maison Natale : 

     - Dimanche 3 Juillet 2016, à 15h30
     - Dimanche 7 Août 2016, à 15h30
     - Pendant le Festival Berlioz :
               - Mardi 23 Août 2016, à 15h30
               - Mercredi 24 Août 2016, à 14h
               - Vendredi 26 Août 2016, à 15h30
               - Dimanche 28 Août 2016, à 14h
               - Mardi 30 Août 2016, à 14h


Les visites de l'exposition temporaire "Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale" :

     - Dimanches 17 et 31 Juillet 2016, à 15h30
     - Dimanche 14 Août 2016, à 15h30
     - Pendant le Festival Berlioz :
               - Vendredi 19 Août 2016, à 15h30
               - Dimanche 21 Août 2016, à 14h
               - Lundi 22 Août 2016, à 14h00
               - Jeudi 25 Août 2016, à 15h30
               - Samedi 27 Août 2016, à 15h30
               - Lundi 29 Août 2016 à 15h30.

En espérant avoir le plaisir de vous y croiser... ! ;-)


 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°19 : La Marche de Rákóczy ou Marche Hongroise, de Berlioz


Aujourd'hui, j'étais au Musée Hector Berlioz pour donner une conférence : "Berlioz en Allemagne : tournées à guichets fermés !".

Pour le billet-découverte de ce dimanche, je me suis dit que cela pouvait être sympa de partager avec vous et vous dire un petit mot sur un des extraits que j'ai justement fait écouter lors de ce rendez-vous, et j'ai choisi La Marche de Rakoczy (La Marche 
Hongroise) car ce n'est pas un morceau très long et surtout... vous l'avez sans doute déjà entendu quelque part... si si, cherchez bien !

 

C'est lors de sa deuxième grande tournée en Allemagne, en 1845, qu'Hector Berlioz compose ce morceau : alors qu'il est sur le point de quitter Vienne (Autriche) pour Pesth (Hongrie), un amateur viennois lui conseille, pour séduire le public hongrois, de composer un petit morceau sur un thème hongrois... Berlioz saisit l'opportunité, et met ainsi en musique la Marche de Rakoczy, qu'il jouera à Pesth : succès phénoménal ! Il le raconte dans ses Mémoires :

« Après une sonnerie de trompettes dessinée sur le rythme des premières mesures de la mélodie, le thème parait, vous vous en souvenez, exécuté piano par les flûtes et les clarinettes, et accompagné par un pizzicato des instruments à cordes. Le public resta calme et silencieux à cette exposition inattendue ; mais quand sur un long crescendo, des fragments fugués du thème reparurent, entrecoupés de notes sourdes de grosse caisse simulant des coups de canons lointains, la salle commença à fermenter avec un bruit indescriptible ; et au moment où l’orchestre déchaîné dans une mêlée furieuse, lança son fortissimo si longtemps contenu, la fureur concentrée de toutes ces âmes bouillonnantes fit explosion avec des accents qui me donnèrent le frisson de la terreur ; il me sembla sentir mes cheveux se hérisser, et à partir de cette fatale mesure je dus dire adieu à la péroraison de mon morceau, la tempête de l’orchestre étant incapable de lutter avec l’éruption de ce volcan dont rien ne pouvait arrêter les violences. Il fallut recommencer, cela se devine ; et la seconde fois ce fut à grand peine que le public put se contenir deux ou trois secondes de plus. […]
Vous pensez bien, mon cher Humbert, que la Rakoczy-indulo après cela, fut de tous les programmes et toujours avec le même succès. Je dus même, en partant, laisser à la ville de Pesth mon manuscrit qu’on désira garder, et dont je reçu une copie à Breslau un mois après. On l’exécute maintenant en Hongrie dans les grandes occasions. »

La Marche de Racoczy, ou Marche Hongroise, fut donc un grand succès et très appréciée, si bien qu'il l'intègrera dans sa grande Damnation de Faust.

Cette marche est l'un des morceaux les plus populaires et connus de Berlioz... sans même que le public sache ou du moins se souvienne que Berlioz l'ait composé, pourquoi d'après-vous ? Avez vous retrouvé où vous l'avez déjà entendu ?


Réfléchissez bien...

Si si...

Toujours pas ?

Pour ceux qui donnent leur langue au chat, la réponse en un clic ci-dessous dans la bande annonce de ce film très connu (et à partir de 1'20 pour la musique qui nous concerne !) :

 

 

Eh oui, Berlioz a été repris dans La Grande Vadrouille ! Vous voyez vous la connaissiez... ! ;-)
Et pour l'anecdote, sachez que c'est Louis de Funès en personne qui a réellement dirigé l'orchestre, pour jouer la Marche Hongroise dans le film !

A la semaine prochaine pour un nouveau billet-découverte !


Steve, votre guide de poche !

 

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