1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°22 : Notre Dame de Vouise, à Voiron

Aujourd'hui, j'étais en visite à Voiron, pour faire découvrir à près d'une quarantaine de curieux l'histoire et l'évolution du Mail, la grande avenue arborée qui traverse la ville du Nord au Sud.

Au Nord de celle-ci, la colline de la Vouise domine Voiron, de ses 735m d'altitude environ.

Pour ce billet-découverte, je souhaiterai vous parler de la statue de la Vierge qui a été érigée sur son sommet !





C'est à un Voironnais que l'on doit l'idée, en 1866, d'ériger cette statue : Eugène Poncet, le "Père des Pauvres", qui habitait à l'entrée du quartier Sermorens. Cette idée fut bien accueillie par la municipalité d'alors, dirigée par M.Faige Blanc qui, par contre, n'avait pas vraiment les moyens pour financer celle-ci puisqu'on venait d'engager un autre chantier religieux autrement plus important : la construction de l'Eglise Saint Bruno !

On décida alors d'organiser une loterie, pour récolter des fonds. Afin que tout le monde puisse participer, on édita 20 000 billets, vendus cinquante centimes pièces.


Voiron - Ticket de loterie Notre Dame de Vouise

Pour la statue, on choisit de réaliser une réplique, en taille réduite (7m), de la Vierge que l'on venait d'inaugurer au Puy en Velay (16m)

                         
                     
Crédit photo : Denis ! ;-)


Si celle du Puy fut réalisée avec la fonte des canons russes pris lors de la bataille de Sébastopol, celle de Voiron fut réalisée en cuivre repoussé, par Charles Hérold, artiste originaire de Saint-Laurent du Pont, sur les plans du statuaire Jean Bonnassieux. La vierge, couronnée d'étoiles, se tient debout sur un demi-globe terrestre où elle écrase un serpent, et tient sur son bras droit l'Enfant Jésus qui bénit la ville.

Le montage et l'inauguration de la statue :

Après avoir été exposée pendant plusieurs jours sur la Place de Voiron, c'est en juillet 1868 que l'on monte la Vierge sur son socle au sommet de la colline. Dans son ouvrage "Le Dauphiné, Légendaire et Mystérieux", Gilbert Coffano nous raconte la procession qui eut lieu ce jour là. L'auteur ne cite pas ses sources mais je vous retranscrit son récit, racontant la ferveur des Voironnais ce jour là :

"La montée de la Vierge de Notre Dame de Vouise se déroula en Juillet 1868. Une immense procession se constitua, suscitant une ferveur toute particulière, et une foule importante venue de toute la région assista à l'événement. Chaque élément de la statue ainsi que son socle furent chargés sur des chars décorés. La plupart des jeunes de Voiron, arborant des brassards aux couleurs de Marie (bleu et blanc), portèrent sur le dos les pièces les moins lourdes. On utilisa également quinze brancards entièrement décorés de fleurs et de couronnes afin de transporter le reste du matériel nécéssaire à l'édification de la statue de la "Reine du ciel", comme l'on disait en ce temps-là. Une phrase de béatitude fut gravée sur le socle : Posuerunt me custodem", "Ils m'ont établi leur gardienne".
Après plusieurs heures de préparatifs sur la grande place du Mail, le long cortège se mit en marche. Comme il se doit en pareille circonstance, le clergé ouvrait le chemin. Juste derrière se pressaient les autorités civiles et militaires, et, quelques mètres plus loin, la fanfare du pays rendait hommage à sa manière à Notre Dame de Vouise. La foule, qui accomplit ce pèlerinage avec beaucoup d'enthousiasme, fermait la procession en chantant : "Vive à jamais Notre Dame de Vouise, ô joie universelle". Il se dit que cette mémorable montée de la Vierge de Voiron dura plus de trois heures !
L'inauguration officielle et la bénédiction de la statue se déroulèrent le 4 octobre 1868 en présence de l'évêque de Grenoble, Mgr Ginoulhiac. Un banquet s'ensuivit à l'hôtel de ville de Voiron, auquel prirent part deux cents invités aux côtés du maire, de l'évêque, du préfet et de plusieurs généraux".


La légende entourant la Vierge de la Vouise :

Au cours de ma visite aujourd'hui, plusieurs visiteurs me firent part d'une anecdote, comme quoi Charles Herold, l'artiste qui réalisa cette statue, se serait suicidé en réalisant qu'il s'était trompé de côté pour représenter le Christ !
Il est vrai que traditionnellement, la Vierge porte le Christ de son bras gauche (côté coeur), ce qui n'est pas le cas ici.
Pour autant, il suffit de creuser un peu pour constater que Charles Hérold a vécu bien des décennies après l'utilisation de la statue... fin de la légende ! 

Cette légende voironnaise n'est pas anodine, elle semble calquée sur la même légende que l'on retrouve pour Jean Bonnassieux, qui conçut le modèle de la Vierge de Notre Dame de Puy... mais pour lui aussi, le suicide relève du mythe !
En effet, le Christ sur le bras droit de la Vierge n'est pas une erreur, mais serait un parti pris artistique : ainsi, l'Enfant Jésus, bénissant la ville, ne cache pas le visage de sa mère avec sa main... voilà une vérité rétablie !?

A la semaine prochaine pour d'autres découvertes ! ;-)

Votre guide de poche, Steve.


 

 

Monuments/Lieux Voiron Un dimanche = Une découverte

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