Musée Dauphinois

1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°17 : Légende de la vieille femme qui tue un ours


Il y a quelques jours, je vous parlais de l'exposition "Nunavik : en terre Inuit" présentée au Musée Dauphinois de Grenoble depuis le mois de mars. 

Aujourd'hui, pour ce billet découverte dominical, j'ai choisi de vous présenter une oeuvre qui m'a beaucoup plu dans cette exposition : il s'agit d'une double tapisserie en peau de phoque appliquée sur de la laine foulée, réalisée en 1988 par Annie Milurtuq Saala (1929-1989).

Legende de la vieille femme qui tue un ours (1/2)

 

Le texte en inuktitut nous raconte la légende d'une vieille femme qui, abandonnée par les siens, réussit seule à tuer un ours, en l'étouffant.. avec sa moufle !!!

Légende de la vieille femme qui tue un ours (2/2)


Une légende magnifiquement illustrée par ces deux tapisseries originales, à admirer parmi d'autres oeuvres tout aussi réussies au Musée Dauphinois jusqu'à la fin de l'année 2016, avant qu'elles ne repartent au Québec !

 

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"Nunavik, en terre Inuit", au Musée Dauphinois


Nunavik, c'est où ?

Il s'agit d'un territoire grand comme la France, mais bien plus froid, puisque situé au nord du 55e parallèle, entre la baie d'Hudson et la baie d'Ungava au Canada. Quelques milliers de Nunavimmiut y habitent une quinzaine de villages côtiers.


Carte du Nunavik, entrée de l'exposition

La nouvelle exposition temporaire du Musée Dauphinois à Grenoble inaugurée le mois dernier, s'intéresse à cette petite communauté capable de s'adapter aux conditions extrêmes de son environnement.

Histoire et vie des Inuits

Après une première salle présentant l'histoire et le mode de vie des Inuits, grâce notamment à de nombreux objets prêtés par les Musées de la Civilisation à Québec, le parcours se poursuit avec l'arrivée des 1ers colons européens et leur impact sur la communauté, à travers des gravures et des photographies d'époque.

Nous plongeons ensuite dans leur monde artistique, entre sculptures de stéatites, tapisseries en peau de phoques ou encore estampes sur papier de riz... de superbes créations !

Chasseur à l'ours (Henry Napartuk, 1963)     Ours (Nutaraluk Uilia Iyaitu, 1980)

 

 

 

 

 

 

L'exposition se termine bien sûr avec un regard "actuel" sur les Inuits qui, autrefois nomade, ont été forcés à la sédentarisation par le gouvernement canadien, et après des années de négociations avec le Québec, ils sont enfin "reconnus" et ont pu obtenir en 2007 ce vaste territoire du Nunavik. Mais plus d'un danger les menacent encore, entre réchauffement climatique et convoitises des "Kualunat" (ceux du Sud) qui s'intéressent à leurs ressources minières... 

Pour un petit aperçu de l'exposition, je ne peux que vous conseiller le petit reportage réalisé par France 3, ponctué par les interventions de Chantal Spillemaecker, commissaire de l'exposition :


 

Mais le mieux c'est bien sûr d'aller la visiter ! Profitez-en le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi... et l'exposition s'y tient jusqu'à la fin de l'année ! Et c'est GRATUIT ! ;-)

Si je vous propose déjà des visites guidées des expositions permanentes du Musée Dauphinois, ainsi que de l'exposition temporaire "Grenoble 1925 : la grande mutation", je n'ai pas encore créé celle de cette exposition "Nunavik, en terre inuit"... mais si des groupes sont intéressés, n'hésitez pas à me contacter, ce sera avec plaisir ! 


Votre guide de poche, Steve

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°3 : Les coffins

Pour ce 3e numéro, je souhaite vous présenter un objet de la vie quotidienne, du moins, de la vie quotidienne d'autrefois, qu'utilisaient notamment ceux qu'on appelait les "Gens de l'Alpe", les habitants de nos montagnes en somme (pas le yéti hein... ni le dahu !).

Coffin en bois daté de 1738Coffin a fond pointuCet objet, c'est un coffin.

A vrai dire, on le trouvait autrefois un peu partout en France, parfois sous un autre nom suivant la région : ainsi, chez nos amis Auvergnats, on parle de "couiller".

Il s'agit d'une petite boîte, plus exactement un étui, le plus souvent en bois, que le paysan portait attaché à la ceinture.
Cet étui lui permettait d'emmener avec lui sa pierre à faux, lorsqu'il partait faucher l'herbe l'été pour préparer le foin, nécessaire pour nourrir son troupeau durant les longs mois d'hiver enfermé à l'étable.


Pour aiguiser efficacement, la pierre à faux doit être humide, c'est pourquoi le paysan glissait dans son coffin un peu d'herbe et d'eau, pour que la pierre reste performante pour affûter sa lame.
Ainsi il avait toujours sur lui sa pierre à faux et n'avait pas besoin de rentrer régulièrement à la ferme à chaque fois que sa lame s'émoussait.

La forme du coffin peut varier, certaines ont un fond plat, d'autres sont pointus et pouvaient être plantés au sol, ce qui évitait par exemple d'en renverser le contenu.

Si la plupart des coffins sont en bois, il en existait aussi en étain, en cuivre, parfois même creusé dans une corne animale.

Coffins realises avec differents materiaux

Mais les plus beaux exemplaires que l'on retrouve aujourd'hui sont sans aucun doute, pour moi en tout cas, les coffins en bois, sculptés à la main, sur lesquels on devine le long travail minutieux effectué durant les longues soirées d'hiver, ou durant les journées de garde à l'alpage l'été.
La plupart du temps, le décor est sobre, une simple date, des initiales pour identifier le propriétaire comme sur la première photo : n'oublions pas que ces petits étuis n'étaient, à l'origine, que des objets "pratiques" !
Pour autant, certains coffins sont aussi devenus de véritables oeuvres d'art, et de magnifiques témoignages du savoir-faire de ces hommes d'autrefois.


Coffins sculptes en bois      Coffin sculpte en bois

Parmi les motifs récurrents, la rosace et la rouelle caractéristiques de la région du Queyras, mais, les fleurs, fruits, entrelacs, ou encore les visages ou des outils pouvaient aussi venir personnaliser cet objet du quotidien, dont l'usage s'est depuis maheureusement perdu...

Coffin vitrine musee dauphinois
Pour en découvrir d'authentiques, n'hésitez pas à faire un tour au Musée Dauphinois, sur les pentes de la Bastille à Grenoble, où l'un des plus ancien présenté est daté de 1738 ! 
L'exposition Gens de l'Alpe où il se trouve, et dans laquelle je peux vous guider au cours de mes visites, sera l'occasion pour vous de découvrir bien d'autres objets du quotidien... d'autrefois !

Musée Dauphinois

A très vite pour la prochaine découverte du dimanche ! ;-)

Votre guide de poche, Steve


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"TSIGANES : La vie de bohème ?", au Musée Dauphinois

Régulièrement, le Musée Dauphinois s'intéresse aux différentes populations qui ont fait ou font notre histoire commune et font partie de notre patrimoine culturel collectif.

En 2011/2012,
 l'exposition "Un air d'Italie" retraçait toute l'histoire de la communauté italienne de notre région, mais d'autres avant évoquaient les Maghrébins, les Pieds Noirs, les Grecs... 

Affiche de l'exposition
Prochainement, à partir du 24 Octobre 2015, c'est aux Tsiganes que le Musée dédiera sa nouvelle exposition. Autrefois dénommés Sarrasins, puis Bohémiens, faits "Gens du voyage" par l'administration française dans les années 1960, on les nomme plus couramment Roms aujourd'hui... qui sont-ils vraiment ?

L'exposition reviendra sur leurs origines, ainsi que l'évolution de leur place dans la société européenne au fil des époques : simples commerçants ambulants au Moyen-Âge, esclaves en Roumanie, puis victimes d'une hostilité croissante à leur égard à partir du XVIIème siècle, jusqu'au génocide perpétré par les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale.

Deux images s'opposent : l'idéal romantique du bohémien et sa roulotte où se nomadisme est un vrai symbole de liberté (la "vie de bohème"), et l'image plus sombre du "voleur de poule" accusé de rapines...

Aujourd'hui encore, c'est cette dernière image qui semble prévaloir, et la communauté tsigane est toujours rejetée.
L'exposition tentera de comprendre pourquoi et d'apporter de possibles réponses.

Une galerie de portraits, réalisés par le photographe Pablo Chignard, viendra clôturer le propos en présentant plusieurs familles roms installées en Isère.



L'exposition se tiendra au Musée Dauphinois du 24 Octobre 2015 au 9 Janvier 2017, et sera accompagnée, comme toutes les expositions du Musée, d'une multitude d'animations, dont voici déjà le programme (cliquez sur les images pour les agrandir) :

 

            Programme des animations autour de l'exposition   Programme des animations autour de l'exposition

 

Bonne visite !


Votre guide, Steve.



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"[K]RÂNES 42 - Catacombe artistique" au Musée Dauphinois

Affiche [K]RÂNES 42 - Catacombe Artistique

Dans le prolongement de l'exposition temporaire "Confidences d'outre-tombe" que j'évoquais il y a déjà plusieurs mois, le Musée Dauphinois a organisé le projet [K]RÂNES - Catacombe artistique.

Modèles de Crânes vierges

A partir d'un même objet initial, à savoir un moulage de crâne en plâtre blanc, 42 artistes ont été invité à s'exprimer et à partager à travers leur création, leur vision, leur interprétation de l'ici-bas et de l'outre-tombe.

Temps sur les nuages Fan CHENG

Le résultat est surprenant, offrant une galerie exceptionnelle de crânes variés et originaux.

J'ai profité d'un petit répit estival pour trier mes photos, voici donc quelques uns de mes crânes préférés :

Sans titre - Dominique LUCCI

          On t'aimait - Petit POISSONEChairs disparues - Jeff SAINT-PIERREVanite aux synapses - Vincent GONTIER

Bonus anniversarius - Carole BARRAUD et Johann RIVAT

L'ensemble de la galerie est visible dans mon album dédié sur Facebook.

Vous pouvez encore visiter cette galerie au Musée Dauphinois jusqu'au 4 Janvier 2016, tout comme l'exposition "Confidences d'outre-tombe".

Votre guide, Steve

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